Le stockage solide de l’hydrogène : le pari fou et méconnu des fondateurs de McPhy enfin récompensé

En 2008, Daniel Fruchart et Michel Jehan mettent au point une sorte de galette de magnésium, semblable à un épais vinyle, capable de stocker de grandes quantités d’hydrogène de manière sûre. Mais l’application est rapidement abandonnée faute de marché. Quinze ans plus tard, le contexte est tout autre. L’équipe derrière cette innovation est aujourd’hui distinguée à l’échelle européenne. L’usine, délaissée dans la Drôme, devrait reprendre du service dès l’automne prochain tandis que des discussions sont en cours pour des applications à l’international.

Quinze ans après avoir cofondé McPhy, pépite française spécialisée dans la fabrication d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène vert, Daniel Fruchart et Michel Jehan entendent bien récidiver avec une nouvelle aventure entrepreneuriale. A plus de 70 ans, les deux compères ne changent pas de terrain de jeu et s’attaquent toujours à l’hydrogène, mais cette fois-ci à son stockage grâce à une galette d’hydrure de magnésium, ressemblant à un épais vinyle 33 tours.

« En réalité, lorsque nous avons créé la société Mcphy en 2008, le projet se concentrait déjà sur le stockage de l’hydrogène sous forme solide », raconte Michel Jehan, aujourd’hui à la tête de la société Jomi Leman.

Fruit des travaux de Daniel Fruchart, alors directeur de recherche à l’institut Néel, un laboratoire du CNRS grenoblois, et de l’expertise de Michel Jehan dans la métallurgie, McPhy démarre son activité de production à la Motte-Fanjas, un petit village au nord est de la Drôme. A l’époque, la société bénéficie du soutien décisif d’Arevadelfi, une filiale d’Areva.

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